Objet de la note
Les projets d’intégration régionale reposent sur la circulation des personnes, des biens et des informations. Cette circulation suppose des langues partagées. Cette note propose un cadrage de la question pour l’Afrique de l’Ouest, sans prétendre à l’exhaustivité.
1. Deux types de langues, deux fonctions
Les langues officielles héritées de la période coloniale assurent la communication institutionnelle et internationale. Les grandes langues véhiculaires africaines, parlées bien au-delà de leurs communautés d’origine, assurent une grande part des échanges commerciaux et sociaux. Bamgbose (2000) a montré que réserver la vie publique aux seules langues officielles peut exclure une part importante de la population.
2. Ce que dit la théorie des politiques linguistiques
Spolsky (2004) distingue les pratiques, les croyances et la gestion des langues. Une politique d’intégration régionale efficace gagnerait à partir des pratiques réelles — souvent plurilingues — plutôt que de décisions uniquement prises en amont. L’approche écologique de Calvet (1999) invite de même à considérer l’équilibre d’ensemble des langues en présence.
3. Pistes de recherche
- la traduction des textes communautaires dans les principales langues véhiculaires ;
- la formation de terminologues et d’interprètes spécialisés dans les questions régionales ;
- l’enseignement plurilingue comme levier de mobilité étudiante et professionnelle.
Conclusion
L’intégration régionale est aussi une affaire de langues. Penser ensemble langues officielles et langues véhiculaires est une condition pour que les institutions communes soient comprises — et donc appropriées — par les citoyens.
Références
- Bamgbose, A. (2000). Language and Exclusion: The Consequences of Language Policies in Africa. LIT Verlag.
- Calvet, L.-J. (1999). Pour une écologie des langues du monde. Plon.
- Spolsky, B. (2004). Language Policy. Cambridge University Press.